LUANG PRABANG. Royale et Mystique.

A 210km en amont de Vientiane et à 700m d'altitude ELLE fut la capitale de la Principauté de Muong Xua (appelée ainsi au VIIIè s. par le roi Xua) et se nomma Xien Dong puis Xieng Thong jusqu'au XIVè s. Sous le règne du roi FA NGUM (1353/1373) la ville a été rebaptisée Luang Prabang, la ville du Bouddha, et devint capitale du LAN XANG, le royaume du Million d'Eléphants en 1354.

Au cours des siècles elle a subi bien des outrages.

En 1773, pillée par les Birmans de la dynastie Taungû.

En 1887 mise à sac et brûlée par les Pavillons noirs de Chine. Grâce au sang-froid du Vice-Consul de France, l'admirable Auguste Pavie (1847-1925) et à Kèo son employé, la famille royale fut sauvée : on peut dire que, tel Enée avec son père Anchise, le diplomate a porté le vieux roi sur son dos dans une fuite éperdue vers Paklai. En 1947, pour le centenaire de la naissance d'Auguste Pavie la Princesse Savang du Laos est venue lui rendre hommage en Bretagne, lors de l'inauguration de sa statue à Dinan. Des années auparavant, en 1933 le Laos avait érigé 2 statues à la mémoire de Pavie, l'une à Vientiane et l'autre à Luang Prabang. Elles ont subi quelques avatars dès 1975 avec l'arrivée du Pathet-Lao.

Grâce à Auguste Pavie le Roi OUN KHAM confia son royaume à la France. Son fils, le roi SAKHARINE qui régna de 1888 à 1904 demanda en 1893 le Protectorat de la France pour tout le pays.

 

Mais n'oublions pas cet autre français qui fut le 2è sinon le premier à découvrir Luang Prabang : Henri Mouhot  naturaliste, explorateur, né à Montbéliard en 1825 et mort à Luang Prabang en novembre 1861 de la fièvre des bois lors de sa troisième expédition en 1860. Il avait 35 ans.

A 30 ans, établi à l'île de Jersey il épouse une descendante de Mungo Park, le plus célèbre explorateur écossais de l'époque, disparu aussi à 35 ans, en 1806, lors d'une expédition dans la haute vallée du Niger. Chargé en 1859 d'une mission zoologique par le British Museum, Henri Mouhot découvre par hasard les ruines d'Angkor...

A sa mort son serviteur indigène recueillit et rapporta fidèlement tous ses papiers et documents au Siam.

" Les Laotiens, notait Henri Mouhot, sont paisibles, soumis, patients, confiants, crédules, superstitieux, fidèles, simples et naïfs."

 

Les Français reconstruisirent Vientiane, la dotèrent d'infrastructures modernes et agrandirent le royaume de Luang Prabang en intégrant des provinces du Nord et de l'ancien Etat de Vientiane.

Luang Prabang a cédé le titre de capitale à Vientiane en 1899 avant de redevenir capitale royale de 1947 à 1975, Vientiane restant à cette époque, la capitale administrative.

 

Grâce à l'Unesco qui a classé en Décembre 1995 Luang Prabang au rang de Patrimoine mondial de l'Humanité la ville a pu bénéficier d'une restauration remarquable, supervisée par la Maison du Patrimoine. Longtemps fermé au monde ce dernier bastion du communisme qui vivait au rythme des gongs commence à sortir de son isolement tout en préservant sa culture, sa philosophie du "bo pen niang", "rien de grave".

C'est une des plus jolies villes d'Asie, une des plus préservées. C'est surtout un des plus importants centres d'études bouddhiques. Les temples couvraient un tiers de sa surface. Il en reste une soixantaine dont 32 qui font l'objet d'une restauration programmée.

Depuis la prise de pouvoir du Pathet Lao en 1975, le gouvernement impose au Sangkhalath, Patriarche Suprême du Bouddhisme, de soutenir le régime. "Ô miracle, ici le communisme est soluble dans le boudhisme " écrit l'Express.

Au Laos le bouddhisme coexiste avec l'animisme basé sur les esprits Phi et Khouan.

 

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LAOS. BACI LOUANG EN BRIE. Seine et Marne   cliquer

 

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                                                    ELEPHANT à la mode FAUCILLE et MARTEAU 

                                                                   Défenses ......cisaillées.....                                                      

Statue du Fondateur du Royaume de LAN XANG, et Réformateur du Bouddhisme.  FA GNUM (1353-1374))
Statue du Fondateur du Royaume de LAN XANG, et Réformateur du Bouddhisme. FA GNUM (1353-1374))

Tombe de Henri Mouhot. Aquarelle de Louis Delaporte 1867. Mission de reconnaissance du cours du Mékong avec Ernest Doudart de Lagrée et Francis Garnier.
Tombe de Henri Mouhot. Aquarelle de Louis Delaporte 1867. Mission de reconnaissance du cours du Mékong avec Ernest Doudart de Lagrée et Francis Garnier.
Henri Mouhot, naturaliste, explorateur, mort en 1861 après avoir découvert Luang Prabang. Ses compagnons indigènes l'ont inhumé à Ban Phanom
Henri Mouhot, naturaliste, explorateur, mort en 1861 après avoir découvert Luang Prabang. Ses compagnons indigènes l'ont inhumé à Ban Phanom

Le monument que le Vice-Consul de France Auguste Pavie  fit édifier en 1887 pour remplacer celui de 1867, détruit par une crue du Nam. "Je m'entends avec les chefs de village pour la construction d'un monument durable et d'une maisonnette pouvant abriter, le temps d'un repas, les visiteurs dont le but serait de venir saluer à sa dernière demeure le bon voyageur qui, au Laos, fit le premier aimer le mot français" (A. Pavie).

Situé à une dizaine de kms de Luang Prabang, à Ban Phanom, au bord de la riviére Nam, il est bâti sur un petit tertre, plus élevé que le premier. En 1951 il a été restauré par l'EFEO et en 1990, par la ville de Montbéliard.

Les rues et venelles fleuries, bien propres. Certaines maisons sont transformées en guest house.
Les rues et venelles fleuries, bien propres. Certaines maisons sont transformées en guest house.

"COLONIAL NOSTALGIA"
"COLONIAL NOSTALGIA"
Statue d'Auguste Pavie avec Mr. Guy Lherbier, attaché militaire français en 1974/1975 à Luang Prabang. Statue mystérieusement disparue peu avant 1975.
Statue d'Auguste Pavie avec Mr. Guy Lherbier, attaché militaire français en 1974/1975 à Luang Prabang. Statue mystérieusement disparue peu avant 1975.
La Maison du Patrimoine joue un rôle admirable dans la sauvegarde de Luang Prabang qui a ainsi échappé aux tours de verre qui sévissent à Chiang Mai.
La Maison du Patrimoine joue un rôle admirable dans la sauvegarde de Luang Prabang qui a ainsi échappé aux tours de verre qui sévissent à Chiang Mai.

Vers 1953. Le PRA BANG rentre au PALAIS
Vers 1953. Le PRA BANG rentre au PALAIS

 

Le PALAIS ROYAL (HAW KAM) a été construit entre 1904 et 1906 sous le Protectorat Français pour le roi Sisavang Vong (1885-1959). L'emplacement, au bord du Mékong, permet aux visiteurs officiels venus par le fleuve d'y débarquer directement. Après la mort du Roi Sisavang Vong, son fils, le roi Savang Vatthana et sa famille y résident  jusqu'à leur déportation en 1977.

L'enceinte carrée du Palais abrite de nombreux bâtiments : cuisine et entrepôts, abri de la barque royale, salle de spectacles, bâtiment pour le personnel, et un Haw Pha Bang (nouvelle pagode pour abriter le Pra Bang, palladium du Royaume).

 

LE PALAIS EST OUVERT AU PUBLIC MAIS LES PHOTOS SONT INTERDITES.

Le Palais, accessible par le sud, marches en marbre italien, comprend une succession de salles et de couloirs :

-- Hall d'entrée : salle du protocole avec le dais doré où on lit la parole de Bouddha.

-- A droite de l'entrée : l'ancienne salle de réception avec les fresques murales représentant la vie traditionnelle laotienne, réalisées en 1930 par Alix de Fautereau** : le thème de chaque mur correspond au moment de la journée où il est éclairé par la lumière à travers les fenêtres; deux grands panneaux rouge et or évoquant des scènes du Ramayana par l'artiste local Thit Tanh; 3 bustes des 3 derniers rois.

-- Un couloir peuplé de gongs d'eau et de statues du XVIè trouvées dans le That Makmo ou sauvées des stupas pillés en 1887 par les Pavillons noirs chinois.

-- Une rangée de tambours métalliques mène à la salle du Trône, en laque rouge, sculptures dorées et mosaîques en verre bleu représentant des fêtes données par le roi Fa Ngum.

-- Les appartements de la famille royale, plus que simples.

      ° la bibliothèque avec des stèles de pierre anciennes fixant les limites de la propriété.

      ° la chambre de la reine avec les portraits du roi, de la reine et du prince héritier peints en 1967 par Ilya  Glazounov***.

      ° au fond, une salle à manger et une pièce abritant le sceau royal et des médailles.

      ° la chambre des enfants contient des instruments de musique gamelan et des masques de danses.

-- A gauche du hall d'entrée la salle des cadeaux d'Etat : des pierres de lune provenant de la mission Apollo 11, une maquette du LEM (Lunar Experimental Module), des peintures, céramiques, porcelaines de Sèvres et de Limoges, argenterie, groupés par, disons, affinités (offerts par des états "socialistes" ou "capitalistes").

 

Une salle abritait autrefois le fameux Pra Bang, une statue de 83cm représentant un Bouddha debout dans la position Abhaya-Mudra (dissipant la peur), en alliage d'or, de bronze et d'argent pesant 43,4kgs. Pour le voir il fallait longer la terrasse sud  du palais, vers l'est et regarder entre les barreaux : c'était une salle discrète, intime, entourée de défenses d'éléphants et de 3 paravents en soie brodés par la dernière reine. Mais le Pra Bang d'aujourd'hui, disent les puristes, est une copie : le vrai a des feuilles d'or sur les paupières et un trou dans une cheville ( gauche ou droite ? personne ne le sait !)

 

*** Ilya Glazounov, né le 10 Juin 1930 à Leningrad est un Artiste du peuple de l'URSS et Président de l'Académie des Beaux-Arts de Russie. Peintre réaliste, son oeuvre est surtout consacrée aux sujets historiques et religieux. Dans les années 60, il fut envoyé par le régime soviétique dans différents pays, notamment en Italie où il fit les portraits des vedettes de l'époque...ainsi a-t-on pu le voir avec la pulpeuse Anita Ekberg à la plastique volcanique.

** Alix de Fautereau ou Alix Aymé (1894-1989).

Alix Ange Marguerite Hava est née à Marseille en 1894. Elève de Maurice Denis, elle l'assiste notamment dans la décoration de la coupole du Théâtre des Champs-Elysées. En 1920 elle épouse le Professeur de lettres Paul de Fautereau-Vassel et l'accompagne à Shanghaï puis à Hanoî.

Après son divorce elle repart en Indochine avec son fils, chargée de mission par le gouvernement français pour l'Exposition coloniale internationale de 1931. En 1931 elle se remarie avec le futur Général Georges Aymé, frère aîné de Marcel Aymé. Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de l'Indochine elle contribue à relancer l'art de la laque. Elle voyage en Indochine et réalise pour le roi Sisavang Vong les fresques de son palais de Luang Prabang, fresques classées aujourd'hui trésor national. Elle meurt en 1989 à 95 ans.

STATUE DE BRONZE DU ROI SISAVANG VONG. AUTEUR INCONNU, INSCRIT AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO EN 1995.
STATUE DE BRONZE DU ROI SISAVANG VONG. AUTEUR INCONNU, INSCRIT AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO EN 1995.

Devant le Bâtiment des spectacles, statue du roi SISAVANG VONG, roi de Luang Prabang (1903), roi du Laos unifié (Avril 1946) 14 Juillet 1885-29 Octobre 1959. Un long règne pacifique sous le Protectorat français.

Fermé par le gouvernement du Pathet Lao, le Bâtiment a rouvert ses portes sous l'égide de l'UNESCO.

En 2002 est créé un "Royal Ballet Theatre" avec le concours de "The Institute of Cultural Research" pour préserver le patrimoine culturel, épaulé ensuite par l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et le Bureau Régional Asie-Pacifique. Dans la cour du Palais, à l'intention des touristes, une soixantaine d'artistes donnent régulièrement 9 des représentations du Ramayana ou Phrolak-Phralam, légendes profondément imprégnées des légendes hindoues.

AVEC NOS SINCERES REMERCIEMENTS à BRYAN THAO WORRA pour les Cartes Postales de Jadis
AVEC NOS SINCERES REMERCIEMENTS à BRYAN THAO WORRA pour les Cartes Postales de Jadis
La nouvelle pagode, à gauche de l'entrée; à droite, sur le ciel bleu se détache le sommet doré du Wat Chomsi.
La nouvelle pagode, à gauche de l'entrée; à droite, sur le ciel bleu se détache le sommet doré du Wat Chomsi.

GARAGE DU PALAIS. Ne se visite plus ......

On y trouve un Hors-bord, 1 Edsel Citation 58, 2 Lincoln Continental années 60, et une DS Prestige, voiture livrée seulement aux Chefs d'Etat et VIPs. "Son état général n'est pas reluisant et son tableau de bord est dans un état de cannibalisation avancé" dixit Didier B. C'était pourtant la voiture préférée du dernier souverain du Laos.



HAW PHA BANG, à l'entrée du Palais. Nouveau temple destiné au PHRA BANG, édifié de 2000 à 2010.

Le trône était fin prêt mais était resté vide jusqu'au 23 Décembre 2013, date à laquelle la Statue sacrée  fut installée.
Le PHRA BANG, le "Très Vénéré" est le palladium, l'emblème mystique national du Laos. Son histoire est aussi tourmentée que ce superbe pays, objet de toutes les convoitises

Selon la légende cette statue viendrait de Ceylan (Sri Lanka), berceau du Bouddhisme Theravada. Au 9é s. elle aurait été offerte au Roi Khmer INDRAVARMAN Ier, le bâtisseur d'Angkor. En 1355 le Roi Khmer Jayavarman Parameszvara l'offrit à son gendre FA GNUM après la création du Royaume du Million d'Elephants et du Parasol Blanc. Pour modérer ce gendre guerrier conquérant et despotique, ce Roi lui dépêcha une importante Mission Khmère :

20 érudits religieux, 3 lettrés et savants, 3.000 maîtres artisans et ouvriers bâtisseurs spécialisés, un Vénérable maître Bouddhiste de Ceylan, 1000 dames d'honneur, gouvernantes, nourrices et serviteurs, des livres sacrés, une jeune pousse de banian (l'arbre sacré de Bouddha). Cette Mission accompagna le Phra Bang, statue de 83cm, 43,4 kg, d'un alliage de bronze, d'argent et principalement d'or, et destinée à la protection, la prospérité et le bonheur du peuple lao. La statue arrive à Luang Prabang en 1359 après plus de 3 ans passés à Vientiane.

Au cours des siècles ce palladium du Laos aura une vie tumultueuse. Volée par le frère du roi en 1707 qui, en s'emparant de Vientiane, l'y fit transférer, confisquée par 2 fois par les Siamois qui, finalement la restitua en 1867, elle retourna à Luang Prabang après avoir séjourné 7 jours à Xieng Men sur la rive opposée du Mékong. Abritée dans différents temples, en 1941 elle rejoignit une des pièces du Palais Royal. Le 23 Décembre 2013, elle fut installée dans le nouveau temple qui lui est consacrée.

 

A quel Pra Bang se vouer ? Ci-dessus le Pra Bang "caché" dans le Wat Phra That Tha Uthen (Thaïlande).

A droite le Pra Bang "en exil" lors d'une cérémonie avec le Régent Sauriavong Savang  le 28 mai 2013.


Najas à 7 têtes, divinités ophidiennes de la fertilité.
Najas à 7 têtes, divinités ophidiennes de la fertilité.
Malgré les guerres, les tragédies, l'Art est éternel. Il est dommage que les noms des artistes qui ont réalisé ces chefs-d'oeuvre ne soient pas mieux connus.
Malgré les guerres, les tragédies, l'Art est éternel. Il est dommage que les noms des artistes qui ont réalisé ces chefs-d'oeuvre ne soient pas mieux connus.

EXTRAIT de "L'AGONIE DU LAOS" publié en 1976 par Son Altesse le Prince Mangkra SOUVANNA PHOUMA
EXTRAIT de "L'AGONIE DU LAOS" publié en 1976 par Son Altesse le Prince Mangkra SOUVANNA PHOUMA
TRÔNE et PALANQUIN destinés au PHRA BANG.
TRÔNE et PALANQUIN destinés au PHRA BANG.

WAT XIEN THONG. Fondé en 1560 par le roi SETTHATHIRATH qui régna de 1545 à 1571.

Ce " TEMPLE de la CITE d'OR " est situé au confluent du Nam Khan et du Mékong. C'était le site où les rois étaient couronnés et il était sous la sauvegarde de la Royauté jusqu'en 1975. En 1960 une restauration des toitures, peintures et sculptures a été réalisée.

 Une vingtaine de bâtiments religieux d'une rare élégance, un des hauts symboles du Bouddhisme. C'est le seul temple épargné lors du sac de Luang Prabang en 1887 par les Pavillons noirs car le commandant des troupes, Dèo Van Tri ou Kham Ouanne en laotien, y était moine dans sa jeunesse. Jusqu'en 1975, la famille royale aimait s'y rendre depuis le Palais par la voie fluviale.

Le Bouddhisme au Laos relève du Theravada ou Petit Véhicule, la branche la plus proche de l'enseignement du Bouddha historique puisqu'il ne prend pas en compte les écrits postérieurs à son existence.

Avant d'être une Philosophie, le Bouddhisme est une "Leçon de Choses", une "Leçon des Choses de la Vie". Ce n'est pas une Religion et Bouddha a toujours refusé d'être considéré comme un Dieu car Il ne croit pas à l'existence de Dieu. Il croit en l'Homme qui porte en lui le germe de sa propre perfection.

Bouddha offert par le Roi de Siam au Roi Sisavang Vong.
Bouddha offert par le Roi de Siam au Roi Sisavang Vong.

L'Arbre de Vie, ou l'Arbre de l'Illumination, en mosaïque de verre colorée, raconte les mésaventures du roi des animaux, le "rassassi", mi-éléphant, mi-lion.
L'Arbre de Vie, ou l'Arbre de l'Illumination, en mosaïque de verre colorée, raconte les mésaventures du roi des animaux, le "rassassi", mi-éléphant, mi-lion.

Le HO KANG, CHAPELLE ROUGE du Bouddha couché, et bibliothèque contenant les textes sacrés du tripitaka (3 joyaux)

Bouddha couché du XVIès. mesurant presque 2m et prêté à Paris lors de l'Exposition coloniale en 1931.
Bouddha couché du XVIès. mesurant presque 2m et prêté à Paris lors de l'Exposition coloniale en 1931.

Ces mosaïques  ont été réalisées en 1957 pour le 2.500è anniversaire de la naissance de Bouddha.

Ci-dessous quelques uns des temples disséminés dans l'enceinte du WAT XIENG TONG.



CHAPELLE DU CHAR FUNERAIRE. Entièrement en bois de teck et dorée, elle fut construite en 1962 pour abriter le char contenant les urnes funéraires du Roi Sisavang Vong, décédé le 29 Octobre 1959, après un demi-siècle de règne pacifique et prospère sous le Protectorat français.

" Les funérailles officielles n'auront lieu qu'à la fin du mois d'Avril 1961 : la vénération des Lao de toutes tendances était telle que, à l'occasion des funérailles du souverain et afin de rendre un dernier hommage à ce grand roi, les trois parties en conflit décidèrent d'un commun accord un cessez-le-feu du 28 Avril au 3 Mai 1961." (Prince Mangkra Souvanna Phouma. p.31. Laos. Autopsie d'une monarchie assassinée. L'Harmattan. 2010

Char funéraire et najas à 7 têtes avec les urnes du Roi. Bouddhas de la pluie, les mains le long du corps ---->>-
Char funéraire et najas à 7 têtes avec les urnes du Roi. Bouddhas de la pluie, les mains le long du corps ---->>-
Bouddhas dans diverses positions entourant le char funéraire, dans le temple en teck sculpté et doré.
Bouddhas dans diverses positions entourant le char funéraire, dans le temple en teck sculpté et doré.

WAT THAT LUANG RASAMAHAVIHANE, le "Monastère du Royal Stupa" a été le Wat de la Royauté de Luang Prabang. Construit sur une petite colline au sud de la ville en 1818 sous le règne de Mangthathurath (1817/1836) le sim n'a ni porches ni vérandas mais trois entrées.

Toutes les cérémonies religieuses ou fêtes, tel le Festival du 12è mois - le Tat - étaient toujours présidées par le Roi sur l'esplanade dévolue à la crémation. La crémation du Roi Oun Kham en 1896 dévoila les merveilles de la  technologie occidentale. La flamme qui devait embraser le bûcher ne pouvait venir que de la capitale c-à-d Paris car c'était alors le Protectorat français. Aussi, un générateur installé au Wat reçut-il une étincelle des fils du télégraphe connecté sur Paris, la flamme ainsi recueillie put alimenter le bûcher du vieux Roi, sauvé d'une mort certaine 12 ans auparavant  par Auguste Pavie, Vice-Consul .

Le grand Stupa doré a été entièrement repris en 1965 pour recevoir les cendres du Roi Sisavong Vang (1885-1959). A l'origine il a été construit  en 1820 par la reine Pathomma, fille du roi Anourouth qui régna de 1792 à 1815.

Le grand Stupa gris de 1818 était en ruines. Les fouilles de l'Ecole Française d'Extrême-Orient furent supervisées vers 1910 par Louis Finot. Il fut restauré en 1935 sur ordre du roi Sisavong Vang et abriterait les reliques de Bouddha.

A l'intérieur de la chapelle un immense Bouddha de 600 kg domine toute la pièce. On remarque aussi un porte luminaire en bois sculpté représentant le combat de Rama et Ravana dans la fôret de Sri Lanka, offert vers 1915 par le Prince BOUNKHONG, Vice-Roi du Laos, grand-père du Prince Mangkra Souvanna Phouma.  

Entrée et portail (1915)
Entrée et portail (1915)

Sur cet esplanade eurent lieu, autrefois, les cérémonies royales de crémation. Les Stupas contiennent les cendres des rois et membres de la Famille Royale.
Sur cet esplanade eurent lieu, autrefois, les cérémonies royales de crémation. Les Stupas contiennent les cendres des rois et membres de la Famille Royale.
Ce grand Stupa doré contient les cendres du Roi Sisavong Vong (1885-1959) et d'un de ses frères.
Ce grand Stupa doré contient les cendres du Roi Sisavong Vong (1885-1959) et d'un de ses frères.
Trois portes d'entrée mais ni porches ni vérandas.
Trois portes d'entrée mais ni porches ni vérandas.
Le pignon avec le tympan enrichi de parterres de fleurs.
Le pignon avec le tympan enrichi de parterres de fleurs.

Porte luminaire offert par le Prince BOUNKHONG, Vice-Roi du Laos, vers 1915.
Porte luminaire offert par le Prince BOUNKHONG, Vice-Roi du Laos, vers 1915.
                                                                                                     Les15 segments (Dok So Fa ou Nhot So Fa),  bouquet céleste dressé en quête du mythique mont Meru.
Les15 segments (Dok So Fa ou Nhot So Fa), bouquet céleste dressé en quête du mythique mont Meru.

Ce Stupa de 1818 contiendrait des reliques de Bouddha
Ce Stupa de 1818 contiendrait des reliques de Bouddha
Immense Bouddha doré de 600 kg.
Immense Bouddha doré de 600 kg.

Kuti ou maison des bonzes et novices
Kuti ou maison des bonzes et novices

 

 

 

VAT MAY SOUVANNAPOUMARAM, situé dans le quartier populaire du marché de nuit. Construit en 1796 par le Roi ANOUROUTH  (1792/1815). Une restauration a débuté vers 1821/1822 sous MANGTHATHOURATH (1817/1836). C'est à cette époque que furent ajoutés le porche à double colonnades en façade et un autre moins élaboré à l'arrière. La restauration se poursuivit jusqu'en 1890. Les travaux durèrent 70 années. D'autres restaurations ont été entreprises en 1943 puis en 1960.

Son toit à cinq pentes est remarquable et ses bas reliefs racontant la légende du Vessantara, dernière réincarnation de Bouddha et quelques scènes du Ramayana, sont superbes. Depuis 1894 ce Wat est la résidence du Phra Sangkharath, le plus haut dignitaire du clergé bouddhique. A l'occasion du Pimay, Nouvel An laotien, c'est dans ce monastère qu'est exposée pendant 3 jours la statue du Pra Bang.

Explorateur, diplomate, haut fonctionnaire, Auguste Pavie, né à Dinan le 31 Mai 1847 et mort le 7 Juin 1925 à Thourie en Ille et Villaine s'était lié d'amitié avec le Phra Sangkharath de Vat Mai gravement blessé et qu'il avait soigné chaque jour lors de leur fuite de Luang Prabang saccagé en 1887 par les Pavillons noirs. Le moine envoya son frère à la capitale pour lui ramener les chroniques du Royaume qui donnèrent à notre "explorateur aux pieds nus" la certitude que les prétentions siamoises sur les cantons de la Rivière Noire ne s'appuyaient sur aucun fondement historique. Ce qui lui permet d'exposer au Quai d'Orsay, à son retour en France, les problèmes des frontières occidentales de l'Indochine. Malheureusement le Traité du 3 Octobre 1893 n'a pas entièrement tenu compte de certaines réalités.

Bouddha DHYANA-MUDRA, en position de méditation
Bouddha DHYANA-MUDRA, en position de méditation


LE MONT PHOUSI et le WAT CHOMSI à plus de 150m au dessus de LUANG PRABANG.

Face au Palais, on rejoint le Mont Phousi 150m plus haut. Le Wat Chomsi et son stupa or de 24m de hauteur  dominent Luang Prabang.


Le Mont Phousi accueille plusieurs temples dont le temple Chomsi : on y accède par un escalier de 328 marches. Construit en 1804 puis restauré, Wat Chomsi est le symbole et le centre de la Ville. Toutes les 3 heures les tambours résonnent et s'entendent dans tout Luang Prabang.



Bouddhas ABHAYA-Mudra. Mains en gestes d'apaisement des querelles et absence de crainte.
Bouddhas ABHAYA-Mudra. Mains en gestes d'apaisement des querelles et absence de crainte.

 

Au pied du Mont Phousi se trouvent plusieurs temples :

 LE WAT AHAM, " Le Monastère au coeur épanoui ". Construit probablement au début du XIXè s. il semblait servir à la médiation et aux réunions entre le culte des esprits et la pratique Bouddhique.

Des stupas et deux banians, "Bodi", arbres qui abritent le protecteur de l'esprit royal (le Haw Phi Kon) cernent ce temple, gardé par 2 tigres stylisés et les statues des gardiens Ravana et Hanuman.
Il n'y a, curieusement aucune décoration externe sur les murs du porche.

C'était, avant la reconstruction du Wat Mai, la résidence du Sangkhalath, Patriarche suprême du Bouddhisme. Wat Aham était aussi considéré comme le centre du culte des gardiens de Luang Prabang, les esprits Devata Luang : Phou Gneu le génie masculin et Gna Gneu le génie féminin, dont les masques et les danses sont toujours présents lors des cérémonies.


 

 

 

LE WAT VISOUN ou WISUNALAT, voisin du WAT AHAM.

Construit entre 1500 et 1520 sous le règne du roi Visounnarath, il abritait autrefois le Pra Bang. Incendié en 1887 il a été reconstruit  en 1898 : aujourd'hui il abrite le Musée des Arts Religieux.

Dans son enceinte se trouve le That Makmo, le temple Pastèque. Ce That renferme une belle collection de bouddhas en bois. Il est également connu sous le nom de That Patum, temple du Lotus. C'est ici, au monastère que se terminent les cérémonies du Pimay, Nouvel An laotien.

L'antique portail en pierre qui sépare symboliquement les 2 temples Wat Aham et Wat Visoun.
L'antique portail en pierre qui sépare symboliquement les 2 temples Wat Aham et Wat Visoun.
That Makmo ou Potum, Temple Pastèque ou Lotus.
That Makmo ou Potum, Temple Pastèque ou Lotus.


 

 

 

WAT SENE SOUK HARAM, construit en 1718 avec "100.000 pierres du Mékong" sous KINGKITSARATH (1715/1722), sur le site d'un ancien sanctuaire.Ocre flamboyant et or étincelant. Toiture avec des tuiles jaunes et rouges à la façon thaî. Le temple comprend 1 vihan, 1 that, plusieurs koutis, 1 abri pour 2 superbes pirogues de course, 1 abri de tambours.

Restauré en 1952 puis en 1957 pour le 2.500è anniversaire de Bouddha, le temple a été de nouveau consacré à cette occasion.


 

 

WAT NONG SIKOUNMOUANG. Construit en 1729 par le roi INTHASONE (1727/1776) à la demande du vénérable Sikoun, il fut détruit dans un incendie en 1774. Seule l'immense statue du Bouddha en bronze fut épargnée. Il fut reconstruit en 1804 par les thais et recouvert de tuiles rouges et jaunes. Le sim a un toit à 3 niveaux.  Récemment rénové.

Bouddha BHUMISPARSA. Prise de la terre à témoin.
Bouddha BHUMISPARSA. Prise de la terre à témoin.
On a l'impressin que le Wat s'agrandit...
On a l'impressin que le Wat s'agrandit...


WAT PAKKAM, à l'extrémité de la Péninsule, face à la Maison du Patrimoine, est le seul temple qui ne soit pas encore rénové.


Les grottes de PAK KOU au confluent du Mékong et de la Nam Khan : deux heures en bateau depuis Luang Prabang.

Deux sanctuaires : Vat Tham Ting ou Tham Leusi, la grotte de l'Empereur éclairée par la lumière naturelle.

                               Tham Prakachay ou grotte supérieure, plus en hauteur. La statue de Prakachay, disciple de Bouddha s'y trouve. 8.000 statues de Bouddha sont recensées dans les 2 Vat.

GROTTE DE PAKOU.
GROTTE DE PAKOU.

FETE DES LUMIERES (Lai Heua Fai) et FESTIVAL DES BATEAUX EN FEU. En général la préparation des pirogues est confiée aux bonzes novices.
FETE DES LUMIERES (Lai Heua Fai) et FESTIVAL DES BATEAUX EN FEU. En général la préparation des pirogues est confiée aux bonzes novices.

 

Voir aussi LAOS. ROYAUME MEURTRI 

 

Le touriste profane qui voit pour la première fois ces files de bonzes et novices mendiant dès l'aube leur riz quotidien ("tak bat") peut être dubitatif. Pourtant c'est un rituel qui se pratique depuis la nuit des temps. Riche ou pauvre, l'homme debout, la femme toujours à genoux, distribuant une poignée de riz, c'est l'expression suprême de la générosité. Pour le bonze qui reçoit c'est l'expérience du dénuement et de l'humilité suprême.

Tout homme ou toute femme dans cette partie du monde, peut passer de l'état laïque à l'état monastique et inversement autant de fois que les circonstances de la vie le lui permettent. Une sorte de retraite : dans les monastères on ne lui pose jamais de questions et on ne lui demande rien (genre certificat de baptême...)

Il suffit de se raser la tête et les sourcils et de revêtir la toge safran. En général on y reste de 15 jours à 1 mois. Au moins une fois dans sa vie un "honnête homme" se doit de faire cette retraite, un peu comme le pèlerinage à la Mecque pour un musulman.

Quant aux autres bonzes qui font "voeu perpétuel" ils ne passent pas leur temps à prier. Chaque monastère a sa particularité artistique enseignée aux novices : sculptures sur bois, fabrication de meubles, peinture, restauration des pirogues, dorure des temples...ce qui explique peut-être, que les sublimes oeuvres dans les temples soient toujours anonymes. Les bonzes sont aussi affectés à l'entretien des temples et des voies d'accès.

Tous les 28 jours c'est la pleine lune (Van Sin). C'est pour ainsi dire un jour férié et on offre non seulement du riz mais également des douceurs aux bonzes et aussi un peu d'argent depuis que certains ont un phone portable ou des baladeurs. Souvent des enfants démunis se mettent sur le chemin des bonzes qui partagent avec eux leur riz.

 

Bonzes couvreurs sur des échafaudages en bambou de fortune qui font frémir nos inspecteurs du Travail.
Bonzes couvreurs sur des échafaudages en bambou de fortune qui font frémir nos inspecteurs du Travail.
Jeune bonze avec un baladeur
Jeune bonze avec un baladeur

Bonzes réparant les routes. Pas encore de DDE.
Bonzes réparant les routes. Pas encore de DDE.
Bonzes maçons
Bonzes maçons

AVEC MES COMPLIMENTS ET MES REMERCIEMENTS à NICOLAS BAILLEUL www.nicolasbailleul.com
AVEC MES COMPLIMENTS ET MES REMERCIEMENTS à NICOLAS BAILLEUL www.nicolasbailleul.com