PINTERVILLE en 1978

AVANT DE REVENIR 35 ANNEES EN ARRIERE, EN CE DEBUT D'ANNEE 2014, NOUS TENONS A RENDRE HOMMAGE A 2 REGRETTES AMIS PINTERVILLAIS :

MONSIEUR JEAN CARPENTIER ET MONSIEUR CLAUDE LHOMME

HOMMAGE A MONSIEUR CLAUDE LHOMME. Décédé le 27 Janvier 2014 à 80 ans.

Ancien combattant d'Afrique du Nord, Monsieur Claude LHOMME s'est éteint dans le service de gériatrie de l'hôpital de Louviers, assisté jusqu'au dernier moment par le dévoué personnel et par le Docteur Lasale et le Docteur Lambany. Il y a 7 ans il avait fêté avec son épouse Denise leurs noces d'or.

En Août dernier ce jeune couple, en pleine forme, dansait encore et faisait la joie de tous les bals "Eureux" de la Saison 2013. A eux deux ils faisaient bien 160 ans, plus d'un siècle et demi.!!

Tous deux aimaient la Tunisie et s'y rendaient chaque année. C'était au retour d'un de ces voyages, le 18 Octobre dernier qu'on a du hospitaliser notre ami Claude :  cette vieille maladie, ce cancer que notre ami avait courageusement combattu 8 années auparavant et qu'on croyait remis au fond d'un puits, a ressurgi

brutalement et l'a rattrapé en quelques mois.

Il a été inhumé le vendredi 31 Janvier 2014 après une émouvante cérémonie à l'église de Pinterville. Tous ses amis étaient là, les Pintervillais, les anciens combattants d'Afrique, les amoureux des tangos argentins et au premier rang toute sa famille éplorée : sa courageuse veuve, ses 2 fils dont il était si fier avec leurs épouses, ses petits-enfants.

Reste vivante dans notre souvenir sa maison accueillante des Préaux, fleurie en toutes saisons. Premier Prix des Maisons fleuries de Pinterville. C'était aussi, à l'occasion, ma cabine téléphonique fleurie.

Ci-dessus : La maison fleurie de Pinterville.

En bas à gauche : Notre ami tant regretté Claude LHOMME et son fils Stephane qui lui ressemble de plus en plus.


2014. Photo de droite. LA RELEVE. Stéphane, son épouse Frédérique avec leur fils THOMAS.

 

1979.

Ci-dessous, deux de mes jeunes et courageux "bûcherons": Stéphane et son frère Philippe LHOMME encadrant un de leurs amis. Durant ces 20 années à Pinterville ils ont contribué à d'innombrables travaux, notamment sur les îles et les berges boisées de l'autre côté de l'autoroute.

Avec le nouveau Juge des Tutelles et la Tutelle d'Etat, lorsqu'il a fallu arrêter les cotisations à la CMSA (Caisse de Mutualité Sociale Agricole) de l'Eure et stopper les travaux tous deux ont exploité nos bois à leur compte et racheté les stères avec l'aide de leurs parents.

A force de travail et d'endurance ils ont chacun construit presque de leurs propres mains leur maison ou plutôt leur manoir, l'un à Pinterville, près du Château et l'autre à quelques kms de là, à Muids.

A Pinterville et en général dans tous les villages, les jeunes courageux et travailleurs à l'exemple de leurs parents, étaient tous  polyvalents. Outre un travail régulier, le week-end ils ne demandaient qu'à apprendre un autre métier rémunérateur et les plus valeureux s'improvisaient maçons, mécaniciens, jardiniers, bûcherons ..et apprenaient sur le tas..

Stephane et Philippe sont les fils dont Monsieur Claude LHOMME était si fier. Et je suis sûre qu'il était parti en paix et heureux en pensant à la réussite de ses enfants.

AUTOMNE 1979. IL Y A DE CELA 35 ans. UN PETIT MATIN FRISQUET DANS LA BRUME.

de gauche à droite : Stéphane, un de leurs amis, et Philippe

 

L'état impeccable du Vieux Verger après le passage des frères LHOMME et leur ami.

Prêt à être réhabilité s'il n'y avait le nouveau Juge des Tutelles et le petit notaire Girault bombardé Tuteur d'Etat.

Les 2 hectares du verger jouxtant la petite maison, laissés à l'abandon depuis de longues années, ont fait l'objet d'un plan de réhabilitation. Dans un premier temps les ingénieurs qui ont surveillé les travaux de l'étang ont fait déverser tous les m3 récupérés pour faire un remblai côté route et compacter le damage des allées dessinées par Jacques Coüelle. Les ronces et arbres fruitiers morts sont éliminés et les architectes ont repris un plan du 19ème, du temps de M. Rostang, pour déposer un nouveau permis de construire après que le sourcier eut retrouvé les 2 puits et les vieilles pompes enfouies. Travaux qui devaient être financés par mes propres revenus.

Nous venions à peine de planter quelques arbres fruitiers (voir les 2 minuscules plants au 1er plan, haut), les jardiniers s'apprêtaient à élaguer et sauver les vieux pommiers lorsque, là aussi, j'ai arrêté les frais, après avoir soldé toutes les factures sur ma cassette personnelle. C'était de l'argent perdu. Et du travail pour rien.

UNE PARENTHESE  HIVER 1991.  Douze ans après. Stéphane et Philippe LHOMME, dans le parc du Château. Qu'il pleuvait, qu'il ventait ou qu'il neigeait, les 2 frères étaient toujours fidèles au poste.

1978.   Etat des 4hectares sur la Place de l'Eglise

La petite maison du jardinier, face à la place de l'Eglise, au milieu de 2 hectares d'herbages jouxtant les 2 autres ha du verger et potager. Sur les photos on voit bien que nous venons de restaurer toute la toiture, de remettre des volets tout neuf et les ouvriers étaient en train de sceller un portail chiné dans une brocante. Mes conseils de la FIDAL ont fait stopper les travaux. Tout le monde en avait assez des réclamations du nouveau Juge des Tutelles et des intrigues de ce petit notaire .


1978 Etat du Château

Ceux qui racontent que j'ai laissé le château tomber en ruines sont des MENTEURS. Dès l'achat, nous avons fait établir soigneusement, par l'huissier de Louviers Maître Brouhot un état des lieux et les 2 inspecteurs de l'enregistrement ne nous ont plus jamais inquiétés lorsqu'ils ont vu le délabrement du Château. Nous sommes en 1978....les allemands étaient partis depuis longtemps et ils n'avaient jamais brûlé les Archives du 19eme siècle. J'ai sauvé moi-même, de justesse, ces Archives qui allaient être jetées au feu par Thérèse Langlois, au service des anciens propriétaires, d'abord de la vieille demoiselle Rostang crédit rentière de Monsieur Lefort, puis de Madame Lefort. En quittant définitivement Pinterville en 2000 j' ai remis ces Archives à un ancien conseiller municipal. Plus exactement, je lui ai donné ces documents à titre personnel.

C* PRINCE SERGE DE YOUGOSLAVIE ET VICOMTE GILLES DE BIZEMONT.
C* PRINCE SERGE DE YOUGOSLAVIE ET VICOMTE GILLES DE BIZEMONT.
C* VICOMTE GILLES DE BIZEMONT
C* VICOMTE GILLES DE BIZEMONT
C* PRINCE SERGE DE YOUGOSLAVIE
C* PRINCE SERGE DE YOUGOSLAVIE

Dès mon arrivée j'ai mis hors d'eau cette salle dénommée salle de billard, refait la toiture, le plafond et carrelé le sol, commandé les carreaux de Delft arrachés par un brocanteur du coin et mis un double vitrage aux fenêtres mais avant tout j'ai refait entièrement la cheminée pour que les ouvriers puissent travailler. Bien entendu mes avocats m'ont demandé de m'arrêter à ces travaux de strict sauvegarde.

J'avais racheté ces éléments de l'horloge façade Est. Je les avais fait restaurer en Suisse et finalement on ne les avais jamais remontés.


La chapelle au 19e siècle
La chapelle au 19e siècle
Paul Préboist et son frère.  Chapelle en cours de restauration
Paul Préboist et son frère. Chapelle en cours de restauration


La chapelle a été entièrement refaite : carrelage, restauration des vitraux, double vitrage, tapisserie et également double vitrage et carrelage dans le couloir attenant. Elle était restée toute blanche à mon départ :  Georges Wakhévitch et Jacques Coüelle devait  décorer les murs mais là aussi STOP.

La préoccupation de l'architecte des Monuments Historiques et de Jacques COÜELLE fut l'état de la toiture et des corniches en pierre de taille. Jacques Coüelle était un avant-gardiste célèbre entre autres pour ses réalisations en Sardaigne pour l'Aga Khan, mais à la fin il s'était pris de passion pour ma vieille demeure humide, perdue dans la campagne normande.

Avec l'architecte des Monuments historiques recommandé par la Mairie et en étroite collaboration avec Jacques COÜELLE, nous avons établi un plan pour la toiture que nous avons mis provisoirement hors d'eau. Sur la 3è photo qui suit on voit clairement que nous venons de refaire entièrement la toiture de la bibliothèque et notre couvreur, Monsieur JEAN CARPENTIER, conseiller municipal a stocké des ardoises pour refaire entièrement l'aile gauche. Lorsqu'il a fallu stopper les travaux, il a eu l'élégance de refuser catégoriquement les indemnités et a repris les ardoises au prix coûtant.

 

HOMMAGE A MONSIEUR JEAN CARPENTIER  décédé le 21 Décembre 2013 à Louviers

Monsieur JEAN CARPENTIER est décédé à 88 ans des suites d'une longue maladie.

Sous son bleu de travail c'était un grand seigneur. Homme de parole, de conscience, respecté et digne.

Avec son épouse Monsieur Carpentier était la mémoire du Château. Un demi-siècle durant il a veillé sur la toiture de cette immense bâtisse. Madame Carpentier me disait qu'elle avait fait son apprentissage de maîtresse de maison aux côtés de la demoiselle Rostand, héritière du Domaine. Il y a de cela plus d'un demi-siècle.!!

Encore jeune fille, elle rêvait déjà d'habiter une des maisons du Domaine, de l'autre côté de la route de Pacy. Rêve enfin réalisé après son mariage grâce à la " Mamoiselle Châtelaine " qui lui céda cette "bicoque" fort délabrée.

Jeunes mariés ils n'étaient pas riches mais à force de labeur les Carpentier l'ont restaurée, agrandie et en ont fait un petit havre de paix pour y élever leurs enfants et petits-enfants.

Par la suite, ils ont construit une autre maison, plus grande et plus belle, derrière la première, en retrait de la Route de Pacy.

INONDATION 1995
INONDATION 1995

De mes appartements au Ier étage (photo du haut) on pouvait voir, de l'autre côté de la route de Pacy, à gauche, les 3 maisons de Monsieur et Madame Carpentier ( les 2 premières donnant sur la route et celle en retrait sur la butte ). La 3ème à gauche, donnant sur la route aussi, mais plus en retrait, est la villa avec piscine de Monsieur Pierre Marc, premier adjoint au Maire et chauffagiste. Avec de tels voisins et "vigiles" bienveillants qui accouraient au Château au moindre problème, je me sentais vraiment en sécurité.

Chantal la regrettée fille de M. et Mme Carpentier et leurs petites filles, Michèle et Bérengère venaient me prêter main forte les jours de vernissage et de conférences. En étant à l'écoute de leurs réflexions j'ai évité beaucoup d'erreurs dans l'oeuvre de restauration du Château.

Ce sont des Pintervillais de souche comme les Carpentier, comme notre Maire Monsieur Didier Dagomet, comme Monsieur et Madame Pierre Marc et tant d'autres amis du village, qui assurent la pérennité de ce coin de France.



En agrandissant les photos on voit clairement que le Château a été mis hors d'eau et les faîtes en zinc ont tous été remis à neuf. TOUTES les cheminées ont été tubées, la maçonnerie refaite.

Le gazon, sur  plus de 4 hectares a aussi été remanié par le paysagiste, le climat de Normandie aidant.....

La nouvelle pelouse : les précédents propriétaires avaient laissé le terrain en pré pour le foin........
La nouvelle pelouse : les précédents propriétaires avaient laissé le terrain en pré pour le foin........
Façade ouest aile nord
Façade ouest aile nord

Une étude détaillée des corniches a été faite et les métrés et devis ont été envoyés à un de mes amis américains qui se proposait de sponsoriser la restauration lorsque Malcolm Forbes mon "confrère châtelain" de Balleroy lui apprenait que le Château fut la demeure de Boisguilbert et qu'une de leurs compatriotes était à l'origine du renouveau des études sur Boisguilbert ( Madame Hazel VAN DYKE ROBERTS )** .  Un de ses Trusts a voté 150.000$US et la Fondation d'un industriel Italien 150.000$US pour tout remettre à neuf, toiture, charpente, corniche. Pour eux cette somme n'était rien puisque l'un a donné 100 millions de dollars au MoMA et l'autre 61 millions pour je ne sais plus quoi. Mes avocats ont demandé que ces 300.000$US soient bloqués en raison du comportement du nouveau Juge des Tutelles et du Tuteur d'Etat et surtout de la perversité de la fille de 14 ans qui, après une fugue de l'Ecole des Roches écrit à un Juge pour se plaindre..Le Juge lui a donné raison (j'écrirai un jour une page sur "l'immixtion choquante de l'Etat dans les affaires de la Famille" lorsque j'aurai récupéré tous les dossiers).

Finalement ces fonds ont aidé ma Fondation à construire en Patagonie où j'avais acheté 100.000 hectares, et j'ai réglé sur ma propre cassette les frais d'architecte, de géomètre et les devis non réalisés.

 

**Madame Hazel VAN DYKE ROBERTS ( 8 décembre 1891-5 janvier 1977 ) était la Présidente d'honneur du Colloque International de Rouen ( 22-23 mai 1975 ) " Boisguilbert parmi nous " organisé par l'INED, et présenté par l'admirable Jacqueline Hecht. Le Dr.Hazel Van Dyke Roberts  appartenait à l'une des plus anciennes familles américaines. Son aïeul dont la lignée remontait à Charlemagne, émigra en Amérique en 1700 et onze de ses ascendants devaient participer à la guerre de l'Indépendance.

Son ouvrage Boisguilbert, Economist of the Reign of Louis XIV ( New-York 1935 ) est à l'origine du renouveau des études sur Boisguilbert.

LA TERRASSE AU-DESSUS DE LA CHAPELLE.
LA TERRASSE AU-DESSUS DE LA CHAPELLE.
L'ANCIENNE CUISINE AVAIT DU SUCCES AUPRES DE NOS AMIS LES ARTISTES.
L'ANCIENNE CUISINE AVAIT DU SUCCES AUPRES DE NOS AMIS LES ARTISTES.

La grande cuisine a été entièrement refaite, une partie, à l'arrière, modernisée tandis que la première partie qu'on voit ici a été restaurée. Les ouvriers ont sorti des camions de plâtre en vogue au 19e. siècle. 

La première cuisine : une grande cheminée avec rôtissoire remplaçait la petite. Le week-end où le personnel était de repos nous adorions faire des agapes que nous préparions nous-mêmes.

Un seul problème : le grand piano ne fonctionnait toujours pas. Un architecte du cru me proposait un grand tuyau en cuivre reliant le conduit à celui de la cheminée ( façon Centre Pompidou ). Hors de prix !

Un jour, voyant ma voiture dans la cour, un clochard nommé "Paris-Brest" insistait pour me voir et me "présenter ses hommages". Entendant les cris d'orfraie de Thérèse Langlois, ma redoutable cerbère je descendais et l'invitais à se chauffer près de la cheminée et à partager mon repas. Nous parlions de choses et d'autres...Il me disait : "mais pourquoi vous ne vous servez pas du piano pour la cuisine ? Cela chauffera tout en même temps...Il a sondé le mur, trouvé le tuyau encastré, sorti des monceaux de cendres séculaires du piano, et a tout remis en marche. Il ne voulait pas rester mais désirait juste un bon bain chaud et une bonne soupe. J'ai insisté, finalement il a passé la nuit à la maison au grand dam de ma cerbère. " Ben, Madame, si vous me permettez je m'en va, c'est point prévu et j'ai à faire chez moi "-- "Très bien, ma petite dame, lui répond "Paris-Brest", je ferai le service ! ". Plusieurs années de suite il revenait régulièrement pour son "panier" et son bain chaud.... .

Un café bien mérité pour Camille "de la Rochelle" et son copain.


Deux ouvriers à plein temps + 2 autres le w.e ont mis plus d'un mois pour dégager les colombages et les poutres de l'aile sud avant de les restaurer ( ici on n'en voit qu'une partie ).

Sur le tracteur vert mon dévoué maçon, Camille "de la Rochelle" et son copain.

Inauguration de la nouvelle cuisine avec une brigade Extra-ordinaire

La salle en marbre n'était pas terminée, il n'y avait pas encore de rideaux mais tous les amis étaient pressés de voir Pinterville...On reconnait Marie Hélène Giscard d'Estaing, Jean Charles Médard de Hersé, maire de Trouville, entre son épouse et sa belle-soeur au premier plan, les châtelains voisins d'Acquigny, les barons d'Esneval et le marquis de la Haye au fond avec Olivier Giscard d'Estaing, les Bossuyt amis de René Tomasini, on s'installait entre amis, comme on pouvait, dans toutes les pièces...On dansait, on riait. "C'était, ma brave dame, des orgies toute la nuit " dixit la fermière.

GERARD MEDARD DE HERSE ENTRE SON EPOUSE (à gauche) ET SA BELLE-SOEUR. GERARD ME FAIT DECOUVRIR TROUVILLE DANS SES MONDRES RECOINS  et M'INVITE à LA MOINDRE OCCASION
GERARD MEDARD DE HERSE ENTRE SON EPOUSE (à gauche) ET SA BELLE-SOEUR. GERARD ME FAIT DECOUVRIR TROUVILLE DANS SES MONDRES RECOINS et M'INVITE à LA MOINDRE OCCASION
SON EXCELLENCE MONSIEUR FRANCOIS DARNE, AMBASSADEUR DE L'ÎLE MAURICE à PARIS. Photo Pierre et Monique LHOSTE, MERCI.
SON EXCELLENCE MONSIEUR FRANCOIS DARNE, AMBASSADEUR DE L'ÎLE MAURICE à PARIS. Photo Pierre et Monique LHOSTE, MERCI.

A Pinterville je ne recevais que des vrais amis. Le dimanche la grille était toujours grande ouverte. On déjeunait ensemble, on se serrait, on se faisait une place et on discutait ferme. Ici on reconnait de gauche à droite Pierre Lhoste, de France Culture, Patrick Dauphin, ancien de la DATA, auteur de plusieurs livres et rapports sur l'urbanisme et époux de mon amie Joanne Coyle, Professeur à Sciences Po et représentant la Bibliothèque universitaire de Yale, la fille de René Huyghe, l'ambassadeur François Darne de l'Ile Maurice à Paris, Olivier Giscard d'Estaing de profil, Philippine de Rothschild de dos, très brune.

 

J'ai éliminé très vite les "parisiens". Un exemple : un jour un histrion, président de je ne sais plus quoi était venu parler de Balzac. Son beau-père, ancien Grand Maître d'une Loge était là, ainsi que le Professeur Pierre Debray-Ritzen et d'autres amis. Bref nous avions prévu 40 personnes au diner. Ce monsieur était venu avec ses adolescentes surexcitées, sans prévenir, indisposant  les journalistes locaux. Au diner amical qui n'était pas placé, ses filles accaparaient les sièges après avoir fouillé les vestiaires à la recherche des "waters". Le traiteur avait prévu les  sièges demandés il fallait donc aller chercher des sièges dépareillés. Avec son ami, un autre écrivaillon mondain, tous deux s'étaient plaints de la mauvaise organisation de la soirée, je m'étais excusée platement....Après le dîner le jeune Prince de Faucigny Lucinge ne retrouvait plus son portefeuille avec tous ses papiers, la baronne d'Esneval a perdu ses gants et son écharpe Hermès, le Duc de Magenta a égaré je ne sais plus quoi etc. Et ces demoiselles s'amusaient comme des folles en regardant ces amis consternés...

Par la suite cet histrion s'était répandu en commérages infâmes sur mon compte.

La salle en marbre était maintenant terminée. Le plafond et les stucs surtout ont souffert du temps. Mais c'était le parquet de Versailles qui nous a pris beaucoup de temps ainsi que la restauration des portes. Les plaques en fonte de la cheminée ont aussi été refaites et surtout les conduits ont été tubés.

LOUISE WEISS INAUGURAIT LA SALLE EN MARBRE RESTAUREE
LOUISE WEISS INAUGURAIT LA SALLE EN MARBRE RESTAUREE

Jean Ellenstein inaugure le grand salon par une magistrale conférence de presse.

Sur le chevalet une toile de notre si regretté ami Michel Leclerc.

ETAT GENERAL DE LA PUPART DES CHAMBRES ....
ETAT GENERAL DE LA PUPART DES CHAMBRES ....
Restauration des chambres du 1er étage aile sud
Restauration des chambres du 1er étage aile sud
Les garçons el leurs amis : un Normand Guillaume TRIN qui a presque le même nom que les TRAN et TRINH viêt !
Les garçons el leurs amis : un Normand Guillaume TRIN qui a presque le même nom que les TRAN et TRINH viêt !

Une nouvelle chaudière a été installée dans l'aile Nord et des radiateurs stockés dans une pièce...Ils ont rouillés là jusqu'à l'arrivée de Mr. de Feuardent. Mais les travaux les plus importants furent le rééquilibrage du canal de dérivation et la création d'un étang pour endiguer les crues de l'Eure. Sur les conseils du Maire, Monsieur Lecoutre j'ai profité des travaux en cours sur l'Eure et pris les mêmes entrepreneurs pour éviter les frais de mise en place des énormes engins. Cela devait être assez spectaculaire car, profitant d'une invitation que je lui avais adressée, le Président Pierre Mendès-France, de sa résidence des Monts sur les hauteurs de Louviers, m'appelait un soir pour m'en parler. Pour le rassurer je lui faisais porter les plans de l'étang et les projets du paysagiste. Je lui écrivais que mon "Hommage à Léon Blum" et toutes les affiches et tous les livres sur Léon Blum dans mes salons ouverts au public lui étaient dédiés et que secrètement j'attendais son appel. Ce fut le début d'une longue et discrète amitié. Il me disait de ne pas être amère, de tenir bon, son fils et lui-même on été été 100 fois,1000 fois salis, injuriés mais que tout passe, l'essentiel c'était de survivre et de se protéger des "amitiés toxiques". Nous avions pris l'habitude de nous téléphoner tous les mois puis chaque semaine, puis pratiquement un soir sur deux même quand il était rue Conseiller Collignon à Paris.

Des travaux titanesques : rééquilibrage du canal de dérivation et création d'un étang.

Les documents ci-dessous ne sont que quelques "spécimens". En réalité il fallait une paperasse assez conséquente. Le géomètre, l'Equipement, la Préfecture, l'Agriculture, les équipes de bûcherons, les barges pour évacuer les déchets, les experts, les inspecteurs, les contrôles, etc....

La subvention pour les plants de peupliers, si minime fut-elle par rapport aux frais engagés, était  Bienvenue ....mais pour arriver là, il fallait d'abord  des engins énormes pour dégager toutes les racines, niveler le sol, et ensuite engager des spécialistes pour les repiquer. Et pendant de longues années veiller sur eux avant qu'ils ne démarrent .

Dans une précédente propriété j'avais des pins Douglas dévastés sur 50 ha par des lapins. Avec leurs dents ils les sectionnaient.

 








NOUS AVIONS à PEINE FINI D'ELAGUER LES PLATANES DE L'AILE DROITE QU'IL FALLAIT RECOMMENCER SANS ATTENDRE  CÔTE AILE GAUCHE.
NOUS AVIONS à PEINE FINI D'ELAGUER LES PLATANES DE L'AILE DROITE QU'IL FALLAIT RECOMMENCER SANS ATTENDRE CÔTE AILE GAUCHE.

8eme Anniversaire de Pinterville. 8 Juillet 1987

Je suis née l'année du Dragon 1940 ¤ sous le signe du Taureau. Petite fille, chaque anniversaire m'était bonheur : dès l'aube mes 12 tantes célibataires convaincues, revêtues de leurs plus beaux atours, recevaient les Devins chargés de déchiffrer mon Futur. "En lang' francèsse si you pléé".

" Noble petite fille vous êtes  Dragon invincible, vous êtes  Phénix, aucun peut brûler vous, toujours renaître de kramé. Annam petit pour vous. Apprenez bien "grammère francèsse" et latin et grec et partez pour France. Vous avez  tache mongole sur noble lune. Mongols et Grand Khan ont racines  dans vent et souffle de mer "........

ensuite je ne me souviens plus très bien... si ce n'était qu'ils m'aspergeaient  d'alcool de riz et allumaient les bâtons d'encens. Après les psalmodies d'usage et les coups de gong pour convier tous les Esprits, ces messieurs se goinfraient à la table des Dieux, gorgée de victuailles.

Tous mes jeunes amis aussi, à ma table du Dragon, chargée de friandises et de cadeaux pour tous. Certaines années néfastes les devins pouvaient rester une journée entière et rameuter une armée de bonzes pour négocier avec les Dieux quant à mon Avenir. Au début des années 50, grâce au Prince Sihanouk ou Souvanna Phouma, je ne sais plus exactement, on a déniché des devins "causant français académique" -- l'anglais n'était pas encore le comble du must -- Les anniversaires devenaient encore plus somptueux : steak, Frites, saucisses de Strasbourg, Frites, baguette Parisienne, gruyère de Savoie à déguster avec banane "cochon". Et bien sûr, les gâteaux "mokas" et les glaces "Café de la Paix".

C'était du lavage de cerveau tout simplement mais çà marchait fort.

Cela marche toujours aussi fort dans mon subconscient, 70 ans après. Et je ne mange jamais de gruyère sans banane.

 

¤ En fait j'apprends le jour de mes 72 ans, en recevant les pleins pouvoirs de mon Trust (officiellement née en 1940 j'ai ainsi traversé sans encombres 6 fois le cycle chinois des 12 signes), j'apprends donc que 1940 est l'année de mon adoption par les TRAN mais en fait j'étais née en 1938, l'Année du Tigre. Comme l'Indochine était en guerre pendant plusieurs décennies personne ne s'étonne outre mesure de ces anomalies !!! Comme quoi les Devins et Autres .......!!!!!

Ce jour là tous mes amis agriculteurs étaient présents avec Jean-François Hervieu, Président du Conseil économique et social de Haute Normandie. Bien sur il y avait Maître Jean-Louis Aujol et Jacques Coüelle, qui s'inquiétait de l'état de la toiture, Maître Christian Meunier, notaire estimé au Neubourg et Jean Schneider Vice Président du Conseil Général de L'Eure qui s'adressait à Jean-Charles Houël, de la Dépêche: "Vous savez, j'ai toujours fréquenté Pinterville même quand la Haute administration me l'a chaudement déconseillé". En fait Jean a toujours été là, déjà du temps des Sapins, à la Couture-Boussey, 14 ans auparavant. Lorsque Michel Tomasi a été boycotté, mis en disgrâce, sali par ses pairs, Jean a organisé chez moi le pot d'adieu. L'épouse de Michel nous a raconté toutes les bassesses dont sont capables certains ronds-de-cuir dans ce marigot qu'était cette Préfecture. En m'installant à Pinterville j'aurais du être plus vigilante.

 

Tous mes amis de l'Eure me disaient leur indignation quant à l'attitude du Tuteur d'Etat et du jeune Juge des Tutelles, Président du Tribunal d'Instance de Louviers. Les éléments incongrus de la Préfecture qui m'ont boycottée ont été mutés....Le capitaine de gendarmerie Bassibey aussi. Les journalistes me disaient qu'il s'était plaint de s'être fait "shampoiner" en haut lieu. "Je n'ai jamais été traité comme cela" disait le capitaine à qui voulait l'entendre. Je ne lui en veux pas : au fond c'est un militaire et il a obéi aux ordres en faisant mieux encore pour son grade.

Il y a aussi un nouveau Juge des Tutelles expérimenté le Président Taddei. Pour sortir de l'impasse il a émancipé le petit dernier de 16 ans et libéré le Tuteur d'Etat "qui n' a pas gagné un sou et n'a eu que des soucis et insultes" (sic). Ce triste sire ne manque jamais une occasion pour se rattraper. Lorsque nous avons été expropriés pour la voie rapide il a appelé la nourrice de la fille pour "protéger ses intérêts". Méprisante, la fille me disait : "maman sais-tu que ton petit notaire a appelé ma nourrice plusieurs fois même l'expert de l'autoroute se demande pourquoi il est si excité le petit Girault".

Plus tard ce triste individu était tout réjoui de faire signer la vente de Pinterville. Pauvre larbin, il n'a pas compris que pour ces enfants qui tutoyaient  les grands de ce monde il n'était qu'un minable de plus dont ils se servaient comme d'un rouleau de papier hygiénique et venaient ensuite  me rapporter ses moindres propos de "petit minable".

Tous mes amis de l'Eure m'encourageaient à reprendre mes activités culturelles.

OUI  pour les activités culturelles  mais NON pour continuer la restauration de Pinterville. Que puis-je faire sans l'aide de mes amis américains et arabes écoeurés par ce qui m'arrivait ? Je n'avais plus qu'une seule envie : reprendre mes billes d'autant plus que la fille commençait à jouer l'héritière spoliée par une mère indigne et essayait à présent de se plaindre aux journalistes qui m'ont immédiatement prévenue.

PINTERVILLE SANS MOBILIER. On peut très bien y vivre tant qu'on a des amis.

Un de mes déjeuners à Pinterville déjà vidé de son mobilier, de gauche à droite :

Madeleine de Solliers de La Croix St Leufroy, Janie de la Chapelle de St Gatien des Bois, Yolaine de Bagneux de Limésy, Michelle Desrez de Canteleu, Jacqueline Auclaire de Prey et Françoise Hervieu de Barc. A la campagne nous faisions des dizaines de Km pour aller déjeuner ou dîner chez les amis.


Jacques Desestre, notre voisin centenaire, Madeleine de Solliers et Jean-Paul Adam, du Courrier de L'Eure avec dans ses bras sa petite Hélène adorée.

Les derniers temps, je dressais un buffet le week-end et les copains qui atterrissaient à l'improviste avec leur hélico étaient tous heureux d'aller se servir dans la cuisine. C'est chouette de se libérer de tous ses serviteurs de temps à autre me disaient-ils.