VENTE DE PINTERVILLE. LE GRAND ENVOL

Le nouvel Engin avec lequel j'aimerais m'envoler de Pinterville. OH !OH ! COUGAR

Après la guerre du Golfe et mon grave accident tous les médecins m'ordonnaient de vivre au soleil mais Pinterville me retenait car je pensais à ces 3 enfants auxquels je devais annoncer un jour la vérité et il leur fallait une demeure et des racines solides pour affronter l'avenir. En 1997 ils avaient respectivement 32, 30 et 29 ans.

 

J'étais soulagée au delà de mes espérances. Avec la complicité des petits notaires et autres margoulins ils avaient comploté de vendre le domaine derrière mon dos. La fille était venue dire que "j'étais un occupant sans titre". Cela m'a permis de la rayer définitivement de ma vie ainsi que les 2 garçons.

 

Tous mes conseils et mes amis du monde entier me poussaient à cette vente. Une seule condition : que les quatre hectares (40.000m2) sur la place de l'Eglise soient vendus à Mr. Daniel Portois, ancien conseiller municipal, et son épouse avec lesquels j'étais liée par une promesse de vente.

Malgré cela, les enfants, leurs conseils, le petit notaire de Louviers qui rapplique, les acheteurs concurrents, tous s'étaient conduits comme des voyous : menaces, intimidations vis à vis de mes amis Portois, promesses de procès mais j'ai tenu ferme et Monsieur de Feuardent a tenu sa parole. Aujourd'hui ce jardinier du dimanche est un des plus importants propriétaires de la commune et à chacune de mes visites il tenait à remplir mon coffre de délicieux légumes et fruits.

Après toutes sortes de combines, de mensonges éhontés de la part de ces enfants et de leurs conseils qui essayaient  même d'évincer Monsieur et Madame de Feuardent, les seuls acheteurs qui m'aient proposé un compromis que je croyais équitable, le Château fut définitivement acquis par les FEUARDENT.

 

Jeunes Chacals
Jeunes Chacals



C'est malheureux d'être obligée de prendre de telles mesures à l'encontre des enfants auxquels j'ai tout donné dès le 1er jour de leur naissance. Il parait que c'est plus fréquent que cela en Occident. Chez nous de tels enfants sont des enfants à jamais maudits et morts....socialement. Je ne remercierai jamais assez ma grand-mère et ses conseils américains d'avoir pris les précautions nécessaires pour les écarter à jamais de l'héritage qu'elle m'a remise et cela bien longtemps avant toutes ces péripéties. Sur le moment j'ai trouvé cela injuste, chaque enfant a droit à sa chance ai-je plaidé...Ils ont eu leur chance .

Pinterville eut le chic d'attirer les acheteurs les plus sophistiqués. Il y eut un "haut fonctionnaire du Quai d'Orsay" reconverti dans- les -déchets-nucléaires-et-spécialiste-des-dossiers-très-sensibles-du-Golfe-Persique. Cette très grosse légume voulait y recevoir généraux et ministres mais pour cela "il faut virer  tous les ploucs qui viennent chasser et pêcher à l'oeil "(sic). Moi, les généraux et les ministres, je ne demande qu'à les récupérer mais vu les cabinets d'aisance sans radiateurs il faut pas qu'ils se les gèlent, leur bâton de maréchal et autres attributs, ai-je répondu. Je n'ai point revu cet honorable correspondant, sa Rolls blindée a du s'enliser dans les mirages du Désert à moins qu'elle n'ait sauté sur une mine irakienne oubliée au Koweit.

J'ai reçu aussi la visite d'un vicomte blasé, puis un comte à dormir debout, et enfin une "duchesse"..En la reconduisant, je lui ai dit "au revoir Madame la Viaduchesse". Point final.


Ma dernière réunion à Pinterville avec les amis universitaires américains le Samedi 19 Avril 1977.

Le lendemain ce fut le tour des amis du Village.

Je suis restée encore 3 années à Pinterville. Persuadée que le Château sera désormais entre de bonnes mains j'étais moins stressée. Les Feuardent et moi nous vivions en bonne intelligence essayant de nous gêner le moins possible les uns et les autres. Ce n'était guère difficile : leurs enfants sont très bien élevés, très gentils, serviables. C'est le charme discret de l'aristocratie du coeur.

 

Le seul problème, je m'attendais à ce que les portes de communication soient condamnées mais personne n'y songeait. Cela ne me gênait pas outre mesure, je ne rentrais que 2 jours par mois et les Feuardent appréciaient de toute évidence l'immense cheminée de ma grande cuisine restaurée. Mais mes amis refusaient d'atterrir leur hélico et les conseillers de notre ami américain et de notre industriel italien refusaient de valider les devis pour la restauration de l'aile gauche. Je pensais que nous devions refaire la toiture et le chauffage de cette partie sud dans la mesure où les nouveaux propriétaires m'en laissaient la gracieuse jouissance pendant les 3 ans à venir. C'était d'autant plus facile que j'avais les métrés et les devis sous le coude depuis 20 ans et je venais de les réactualiser.

Pour ces amis, ce n'était que peccadille, même pas le prix d'une campagne publicitaire. Et Boisguilbert, ce grand économiste sera heureux dans sa tombe.

D'accord. Mais ils exigeaient au moins un papier officiel et surtout la stricte séparation des parties privées. Prévenus par la FIDAL de la mentalité "normande" et des intrigues du petit notaire Girault de Louviers, je me retrouvais avec pas moins de 5 juristes de leur cru pour un simple projet de "bail" de 3 ans, allant jusqu'à fouiller le nouvel état hypothécaire du château et je ne sais plus quelle banque à Nantes.....Dieu me préserve des fidèles juristes pointilleux et des gardes du corps issus des services secrets quels qu'ils soient !! ET puis je n'avais plus envie de ce Domaine.

Un autre incident. Un jour en rentrant avec un de mes amis, nous avons trouvé plusieurs pancartes : "ce château appartient à Mr. de Feuardent", "le propriétaire est Mr. de Feuardent". Je riais en pensant que le jeune fils des nouveaux propriétaires ressemble à l'un de mes garçons et ses copains : ils affichaient  partout, "ceci est à moi", "cette chambre est mienne pour le w.e", etc. Mais cet ami l'a très mal pris, je ne savais pas que ses gardes du corps avaient photographié les pancartes... Résultat, personne ne voulait plus venir et nous avons fait les manifestations prévues ailleurs. Un bien pour un mal, j'ai découvert que tous les palaces me rémunéraient les prestations que  je faisais gracieusement à Pinterville.  

On ne peut s'imaginer les conséquences des actes bénins de nos adolescents comme ces pancartes stupides dans les pièces de réception du Château. Comme convenu avec Mr. et Mme de Feuardent je devais terminer mes activités culturelles prévues à Pinterville.  Pour Guy de Rothschild on devait imprimer et envoyer 500 cartons. Occupée toute la semaine, je réalisais que les secrétariats de mes amis ont remplacé le nom du Dr Edith de Feuardent par celui du libraire. En catastrophe j'ai du demander à l'imprimeur une autre série de cartons pour les Feuardent, ce qui était la moindre des choses....Mais leur nom était barré pour la réception et lorsque Madame de Feuardent était arrivée, personne ne s'était levée pour la saluer bien que je l'aie annoncée et présentée à Guy qui faisait la sourde oreille ! "J'espère que tu as mis une gentille dédicace" lui ai-je dit. "Bof ! le plus banal possible..!". Pour les activités suivantes les avocats de mes amis m'obligeaient à radier Pinterville de tous les bristols. La vie est si facile avec les milliardaires à condition de ne point froisser leur susceptibilité.

J'ai compris alors que la restauration de la toiture était "cuite"..

A propos encore de cette signature, Guy me disait : "Je suis dans une situation pas possible, tu as envoyé une invitation à Anne-Marie (la Générale Stehlin, veuve d'un Gouverneur militaire de Paris) et l'autre n'a rien reçu, c'est délicat. Elle n'arrêtait pas de téléphoner".  Mais quelle autre ? Je ne fais pas partie du Tout-Paris et je ne suis pas du tout au courant de vos romances, Monsieur le Baron !

Le plaisir d'une exposition Ilias Lalaounis à l'hôtel particulier  Dassault qui a une autre allure que mon Pinterville délabré. Le plaisir surtout d'avoir juste à poser devant l'objectif et de discourir.

Les superbes lambris des salons d'exposition et les somptueux bouquets d'arums me réchauffent le coeur. Et surtout la fabuleuse collection d'Ilias.

L'admirable Madame Winckler, moi-même, Claire-Marguerite Schindler, Duchesse de Magenta en tailleur bleu marine  ( première épouse de mon grand ami Philippe de Mac Mahon, Duc de Magenta ) et Lily Degou BEHNA, actuellement Ambassadeur du Libéria à Rome . Elle était auparavant chargée d'affaires à Paris, sous le régime de John Taylor. 

 

Ces superbes photos sont de notre ami OLIVIER AUBERT, ancien journaliste du Courrier de l'Eure, photographe, agent immobilier.

La première préoccupation de Monsieur de Feuardent fut la toiture, comme tous les châtelains. Il faut que TOUS sachent que nous devons cet état à un petit notaire, officier ministériel intrigant et prétentieux bombardé Tuteur d'Etat par un jeune magistrat du Syndicat de la Magistrature. Tous deux sont responsables de notre désastre familial. Ils avaient semé le germe de la suspicion et chacun avait retiré ses billes, faisant le strict minimum pour cette demeure. De l'extérieur ce sont de bons citoyens français. Dans la page précédente j'ai déjà détaillé, preuves à l'appui ces misérables faits. Et je n'ai pas fini de les dénoncer 34 ans après... et je continuerai jusqu'à mon dernier souffle.

 

Les grandes demeures chargées d'Histoire comme Pinterville ne nous appartiennent pas, nous leur appartenons, nous sommes un infime moment de leur Histoire. Sur cette terre nous ne sommes que les gardiens amoureux des pierres et d'un passé révolu et nos pires ennemis sont l'usure et les foucades du Temps. Or "TIME IS MONEY".

L' Eure bordant le Château facade ouest,  Peggy la vache de Mr.Portois avec les enfants .   L'AVENIR
L' Eure bordant le Château facade ouest, Peggy la vache de Mr.Portois avec les enfants . L'AVENIR
Pinterville.  Façade Ouest sur l'étang.   Michel Leclerc 1978.
Pinterville. Façade Ouest sur l'étang. Michel Leclerc 1978.

En quittant Pinterville je ne savais pas que j'ai tant d'amis à travers le vaste monde et que j'aurais tant de choses merveilleuses encore à découvrir.

Mais il faut que je tienne mes promesses, à savoir vivre humblement un certain temps. Chez nous on se rase la tête et les sourcils, les hommes vont  mendier pieds nus leur pitance, les femmes restent à prier dans les pagodes le temps nécessaire, en bonne bonzesse. Je ne me vois pas faire cela en France.

EN SEMAINE : GARDE D'ENFANTS, logée, nourrie au smic.   WEEK-END : BRISTOL, GEORGE V, CHASSE à COURRE DANS LES CHATEAUX EN ILE DE FRANCE....

CE SERA UNE AUTRE PAGE.

 

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